Histoire érotique enceinte : le soir où le bébé nous a fait rire
Un dimanche d'octobre, chez nous, porte fermée, avec une carafe d'eau et une tisane qui refroidissait. J'ai trente-quatre ans, je suis enceinte de six mois de notre premier enfant, et Gaspard, mon mari, en a trente-six. Il n'y avait personne d'autre que nous deux dans l'appartement.
C'est une histoire érotique toute simple : une sieste qui a décidé de l'heure à notre place, une envie que je n'attendais plus, et un petit coup de pied qui nous a fait rire au pire moment. Ou au meilleur, je ne sais toujours pas.
Quatre heures, et je dormais déjà
Depuis le début du deuxième trimestre, ma journée se termine à quatre heures de l'après-midi. Je ne le décide pas. Mon corps éteint la lumière tout seul, comme un appartement dont on aurait programmé les volets, et je me retrouve sur le canapé sans savoir comment j'y suis arrivée.
Ce dimanche-là, il pleuvait doucement sur la cour. Gaspard avait passé la matinée à monter la commode de la future chambre, trois vis de trop sur le parquet. Moi, j'avais trié des bodies minuscules.
Vers trois heures et demie, j'ai senti la fatigue arriver. Elle ne prévient pas. Elle monte des jambes, elle s'installe dans le bas du dos, elle tire sur la peau du ventre, qui est tendue comme une voile depuis quelques semaines et qui me démange le soir.
« Tu veux que je m'en occupe ? » a demandé Gaspard depuis le couloir, en me voyant me frotter les flancs.
Il parlait du ventre. Depuis un mois, c'était devenu notre rituel du dimanche, sans que nous l'ayons jamais appelé ainsi. Il me massait le ventre et le bas du dos avant la sieste, et je m'endormais en général au milieu, la phrase coupée.
J'ai dit oui. Je me suis calée sur le côté gauche, contre les coussins du canapé, un plaid sur les jambes. Il est allé chercher le tube dans la salle de bains, et je l'ai entendu le réchauffer entre ses paumes avant même de revenir, ce petit bruit de mains frottées qui annonce la suite.
Je dois dire une chose ici, parce qu'elle compte pour la suite : je ne supportais plus aucune odeur. Depuis le deuxième mois, le parfum de ma propre crème de jour me donnait la nausée, et le gel douche à la fleur d'oranger avait fini à la poubelle. Mon nez était devenu un chien de garde.
Le tube qu'il réchauffait dans ses mains
Gaspard avait cherché longtemps quelque chose pour ce massage. Il avait d'abord fouillé le rayon des huiles de massage, mais presque toutes annonçaient un parfum, une épice, une fleur. Il avait fini par prendre un gel dont la liste d'ingrédients ne comptait aucun parfum, celui que j'appelle « le tube du dimanche ».
C'est un gel 2 en 1 bio de Hot, à base d'eau, qui sert à la fois de gel de massage et de lubrifiant. Pour nous, ce jour-là, il n'était qu'un gel de massage. Il glisse sans coller, on n'y trouve ni parfum ni huile essentielle, et la fiche disait qu'il était pensé pour les peaux sensibles : c'est tout ce que je demandais.
Il s'est assis au bord du canapé, derrière moi. Il a posé ses deux mains tièdes sur le bas de mon dos, à plat, sans bouger, quelques secondes. Puis il a commencé à remonter le long de la colonne, très lentement, avec les pouces, comme on lisse un drap.
Il avait lu, quelques semaines plus tôt, une page sur la façon de pratiquer un massage érotique. Il n'en avait gardé qu'une idée, qu'il m'avait répétée en riant : on ne masse pas pour arriver quelque part. On masse pour masser. Ça tombait bien, je n'avais l'intention d'aller nulle part.
Ensuite, sa main droite est passée devant. Elle a fait le tour de mon ventre en cercles larges, sans jamais appuyer. Il ne pressait pas, il effleurait. La peau tirait moins sous ses doigts, et la démangeaison du soir s'éteignait au fur et à mesure, comme une lampe qu'on baisse.
Le bébé a bougé une fois, sous le nombril, un petit roulement paresseux. Gaspard s'est arrêté, la paume ouverte. Il fait toujours ça : il s'arrête et il attend, comme s'il ne voulait pas déranger quelqu'un qui dort dans la pièce d'à côté.
« Il dit bonjour, a-t-il murmuré.
— Il dit qu'il veut faire la sieste, ai-je répondu. Et moi aussi. »
Sur l'étagère de la salle de bains, à côté du tube, il y avait deux flacons que je n'avais jamais ouverts. Un Organic Touch de Pjur, à base d'eau, que j'avais vu passer sur la liste de naissance d'une amie sous l'étiquette « 98 % naturel ». Et un Chic Desire de Coquette, à l'aloe vera, qu'une collègue m'avait conseillé pour les peaux sensibles.
Je les avais commandés en même temps que le tube, dans le rayon des lubrifiants bio, un soir d'insomnie du cinquième mois. Je ne savais pas encore pour quoi faire. Je savais seulement que je voulais des choses sans parfum autour de moi, et que mon corps changeait plus vite que mes habitudes.

Je ne me souviens pas de la fin du massage. Je me souviens de ses pouces sur mes reins, du bruit de la pluie, du plaid remonté sur mes épaules. Puis plus rien. Gaspard m'a raconté plus tard qu'il avait continué deux minutes après que j'ai commencé à respirer fort, par principe.
Je me suis réveillée avec une envie d'avant
Quand j'ai rouvert les yeux, il faisait presque nuit. La pluie avait cessé. La fenêtre du salon était devenue d'un bleu profond, ce bleu d'octobre qui dure dix minutes et qu'on ne voit jamais quand on travaille. Il était sept heures moins le quart.
Gaspard lisait dans le fauteuil, une lampe allumée à côté de lui. Il avait mis une tisane sur la table basse, à côté d'une carafe d'eau, comme on laisse un mot. La tisane était froide. Je l'ai bue quand même, parce qu'il l'avait faite.
Et puis je l'ai sentie. Ce n'était pas la fatigue, cette fois. C'était une chaleur qui partait du ventre et qui descendait, nette, presque impatiente. Une envie comme j'en avais eu au début de notre histoire, quand nous ne savions pas encore où était le sel dans la cuisine de l'autre.
Pendant le premier trimestre, je n'avais eu envie de rien. Ni de lui, ni de personne, ni même d'un yaourt. Je dormais, je vomissais le matin, et je regardais mon corps devenir quelqu'un d'autre. Depuis quelques semaines, c'était l'inverse. Le désir était revenu, plus fort qu'avant, et il me prenait par surprise.
Je ne l'avais pas encore vraiment dit à Gaspard. Il le sentait sans doute. Mais entre les rendez-vous, la commode et les listes, nous n'avions pas trouvé le moment, et j'avais aussi une petite peur ridicule, que je n'osais pas formuler.
J'avais eu peur, au début, de faire du mal au bébé. Je l'avais demandé à la sage-femme, au quatrième mois, en rougissant jusqu'aux oreilles. Elle avait souri, elle avait regardé mon dossier, et elle avait dit que tout allait bien, que ma grossesse se passait bien, et que nous pouvions vivre notre vie de couple.
Ce soir-là, je me suis rendu compte que la peur était partie. Elle s'était dissoute quelque part entre le massage et la sieste, sans que j'y pense. Il ne restait que l'envie, et elle prenait toute la place.
Je me suis assise sur le canapé, le plaid autour des hanches. Gaspard a levé les yeux de son livre. J'avais encore la marque du coussin sur la joue et les cheveux dans tous les sens. Je devais avoir l'air de tout sauf d'une femme fatale.
« J'ai envie de toi, ai-je dit. Maintenant. »
Il a fermé son livre sur son pouce, pour garder la page. C'est un détail, mais je l'ai vu, et j'ai trouvé ça très drôle. Puis il a posé le livre tout à fait.
« Tu es sûre ? Tu dormais il y a cinq minutes.
— Justement. Je suis réveillée. Très réveillée. »
Il n'a pas insisté, il n'a pas demandé deux fois. Il m'a tendu la main pour m'aider à me lever, parce qu'à six mois on ne se lève plus d'un canapé, on s'en extrait. Et il m'a suivie dans la chambre, en éteignant la lampe du salon derrière nous.
Sur le côté, parce qu'il n'y avait plus d'autre place

Dans la chambre, j'ai allumé la lampe de chevet de mon côté, celle à l'abat-jour crème. Je ne voulais pas le plafonnier. La lampe faisait une flaque de lumière chaude sur la table de nuit et sur un coin du drap blanc, et la fenêtre gardait encore un reste de crépuscule bleu, au fond de la pièce.
J'ai retiré mon pull et mon pantalon de grossesse, et j'ai enfilé la nuisette de satin vert sauge que Gaspard m'avait offerte pour mes trente-quatre ans. Elle était devenue trop courte devant, à cause du ventre. Je l'aimais encore plus comme ça : elle tombait sur moi comme sur une colline.
Je dois être honnête : je trouvais mon ventre étrange. Pas laid, pas beau, étrange. Un ventre qui n'était plus tout à fait le mien, qui bougeait de lui-même et qui décidait de mes nuits. Je l'ai dit à Gaspard, en me regardant dans le miroir de l'armoire.
« Il est étrange, a-t-il répondu. Et il est à toi. »
Il n'a rien ajouté. C'était exactement ce que j'avais besoin d'entendre, ni plus ni moins. Il ne regardait pas mon ventre comme une curiosité. Il me regardait moi, et le ventre faisait partie du paysage, comme les épaules et la nuque.
La vraie question est arrivée ensuite, et elle était pratique. Sur le dos, je ne tenais plus longtemps : le poids du ventre m'écrasait et me donnait le tournis. Sur le ventre, évidemment, n'en parlons pas. Il restait le côté. Il n'y avait plus d'autre place, et c'était très bien comme ça.
Je me suis allongée sur le côté gauche, face à la lampe. Gaspard a glissé un coussin entre mes genoux sans que je le demande. Il l'avait lu quelque part, dans un article sur la position de la cuillère qu'il avait laissé ouvert sur mon téléphone une semaine plus tôt, l'air de rien.
Puis il s'est allongé derrière moi, son torse contre mon dos, ses genoux derrière les miens. Sa main droite est venue se poser sur mon ventre, à plat, sans appuyer, exactement là où elle était deux heures plus tôt. Je sentais sa respiration dans mes cheveux.
« C'est toi qui décides du rythme, a-t-il dit. Si quelque chose te gêne, tu le dis et on s'arrête. »
Je le savais déjà. Mais je l'ai aimé de le dire, et de le dire à ce moment-là, à voix basse, la main sur le ventre. J'ai pris sa main et je l'ai fait descendre un peu, vers le haut de ma cuisse, pour lui montrer que je savais aussi ce que je voulais.
Le petit flacon à capot bleu était là, au pied de la lampe, entre mon livre et mon verre d'eau. La lampe de chevet allumée, juste au-dessus de lui, faisait briller le plastique transparent. J'ai tendu le bras et j'en ai effleuré le capot du bout des doigts, sans le prendre, pour qu'il comprenne.
C'était un S8 de Stimul8, dans son format de 50 ml. Sans parfum, sans colorant, à base d'eau. Je l'avais choisi pour une seule raison, et elle était simple : il ne sentait rien. Mon nez, mon chien de garde, n'avait pas aboyé une seule fois en l'ouvrant.
Pour le choisir, j'avais lu le guide pour choisir son lubrifiant, puis un article sur le lubrifiant à eau ou au silicone. J'avais retenu qu'à base d'eau, je pouvais l'utiliser avec presque tout, et que ça se rinçait sans laisser de film.
Dans le tiroir, il y avait aussi le vieux tube de notre vie d'avant, un Pure Comfort de Control. Il ne sentait rien non plus, mais je l'avais laissé de côté pour son nom. Ce soir-là, je ne voulais pas du confort. Je voulais du désir, et je l'ai dit à Gaspard, qui a ri dans ma nuque.
Une amie m'avait aussi offert un Sensilube de Durex, un tube hydratant pour les jours de sécheresse, avec un lien vers un article sur la sécheresse intime. C'était gentil. Mais ce soir-là, mon corps n'avait besoin d'aucune aide pour avoir envie. Il avait seulement besoin de glisser.
Sans parfum, et à base d'eau. Pendant la grossesse, l'odorat et les muqueuses changent souvent. On évite alors les produits parfumés, à effet chauffant ou froid, au CBD ou aux huiles essentielles, et on choisit une formule simple à base d'eau. Au moindre doute, on en parle à la sage-femme ou au médecin.
Gaspard a ouvert le flacon d'une main, sans quitter ma nuque des lèvres. J'avais lu aussi la page qui explique comment utiliser un lubrifiant à base d'eau, et j'en souriais d'avance : on en met peu, on en remet souvent, on ne se presse jamais.
Il a réchauffé une noisette entre ses doigts, comme le gel de l'après-midi. Je me suis cambrée un peu contre lui, juste assez pour qu'il comprenne le chemin. Il a suivi. Lentement, très lentement, avec cette patience qu'il met à tout, même à monter une commode.
Je ne raconterai pas le reste en détail. Je dirai seulement que c'est moi qui menais. Que je bougeais à peine, que je reculais quand j'en voulais plus et que j'avançais quand je voulais qu'il attende. Sa main ne quittait pas mon ventre, et ma main ne quittait pas la sienne.
Le coup de pied

Nous étions au milieu, je crois. Au milieu de quelque chose de très bon, de très lent, de très nous. La lampe de chevet, basse et chaude, éclairait le drap de biais. Ma respiration s'était accélérée, et la sienne aussi, contre mon oreille.
Et c'est là que le bébé a donné un coup de pied. Pas un petit roulement paresseux comme l'après-midi. Un vrai coup, sec, franc, exactement sous la paume de Gaspard, comme si on avait frappé à une porte de l'intérieur.
Gaspard s'est figé. Moi aussi. Il y a eu une seconde de silence total dans la chambre, le temps que nous comprenions ce qui venait de se passer. Puis j'ai senti son torse trembler contre mon dos, et c'est parti.
Nous avons ri. Pas un petit rire gêné : un fou rire, le vrai, celui qui fait pleurer et qui coupe le souffle. Je riais tellement que le coussin a glissé d'entre mes genoux. Gaspard riait dans mes cheveux, la main toujours posée sur le ventre, comme pour s'excuser auprès de quelqu'un.
« Je crois qu'il proteste, a-t-il fini par dire, quand il a pu parler.
— Il ne proteste pas, il applaudit, ai-je répondu. Ne t'arrête pas. »
Il m'a demandé si j'étais sûre, une seconde fois, à voix très basse. J'ai dit oui. Je n'avais jamais été aussi sûre de rien. Le rire nous avait détendus tous les deux, comme une fenêtre qu'on ouvre dans une pièce trop chaude. Nous n'avons rien arrêté du tout.
Il a remis le coussin entre mes genoux. Et c'est là que j'ai pensé au petit objet noir, sur le drap, à côté de mon carnet de grossesse. Je l'avais sorti de sa pochette dorée la veille au soir, en me demandant si j'oserais, et je l'avais laissé là, près de l'oreiller.
Gaspard a tendu le bras par-dessus moi. Ses doigts l'ont effleuré d'abord, sur le drap blanc, à côté du carnet vert sauge, comme on vérifie qu'une chose est bien à sa place. Puis il l'a pris, et il l'a allumé sur la vitesse la plus douce.
C'était un stimulateur Chic Desire de Coquette, noir, en forme de tulipe à deux pétales, à peine une dizaine de centimètres, avec un embout or rose. Il se pose à l'extérieur, contre le clitoris, et il n'entre nulle part. C'est pour cela que je l'avais choisi : je voulais quelque chose de doux, de simple, d'extérieur.
Nous l'avions choisi ensemble, sur le canapé, un soir de la semaine précédente. Gaspard avait ouvert la page sur la façon d'utiliser un stimulateur clitoridien, et moi le guide pour choisir un stimulateur clitoridien.
Nous avions hésité, dans le rayon des stimulateurs clitoridiens, avec un Bunny Funny Vibration 2.0 de Fun Function, à tête flexible, que j'avais trouvé beaucoup trop grand pour mes mains. Et avec un Duckymania de Coverme, un tout petit stimulateur qui s'enfile au bout du doigt.
Gaspard aimait bien l'idée du Duckymania, pour une main qui doit rester posée sur le ventre. Moi, j'avais voulu la tulipe noire, parce qu'elle se tenait sans réfléchir. Nous l'avons gardé en tête pour plus tard, au cas où sa main droite voudrait rester là où elle était.

Il a posé la tulipe contre moi, de l'extérieur, très doucement, avec la main gauche. Sa main droite n'a pas quitté mon ventre. Il bougeait à peine, il me laissait faire. J'ai guidé son poignet de deux doigts, à gauche, plus bas, là.
Je ne sais pas combien de temps cela a duré. Je sais que la vibration était douce, que je respirais contre l'oreiller, que je reculais vers lui et qu'il me suivait. Je sais que le plaisir est arrivé par vagues, puis d'un coup, et que j'ai serré sa main sur mon ventre si fort qu'il a ri une deuxième fois.
Le bébé, lui, n'a plus rien dit. Il avait dit ce qu'il avait à dire.
Un verre d'eau et le coussin entre les genoux
Après, nous sommes restés longtemps sans bouger, toujours en cuillère. La fenêtre était devenue noire. La lampe de chevet faisait un rond de lumière sur la table de nuit, sur le flacon, sur mon livre. J'avais chaud, et une soif immense, comme après une longue marche.
Gaspard s'est levé pour remplir mon verre d'eau à la carafe de la cuisine. Je l'ai entendu fredonner dans le couloir, faux, comme toujours. Il est revenu avec le verre et avec un deuxième coussin, qu'il a calé dans mon dos sans rien dire.
J'ai bu le verre entier, assise contre la tête de lit en bois, le coussin entre les genoux. Le satin de la nuisette avait tourné de travers. Je ne l'ai pas remis droit. Gaspard s'est rallongé à côté de moi, sur le flanc, et il a reposé la main sur le ventre, par habitude.
« Tu crois qu'il s'en souviendra ? a-t-il demandé.
— J'espère bien que non, ai-je dit. Mais moi, je m'en souviendrai. »
J'ai attrapé le carnet de grossesse, le vert, celui où je note tout depuis le début : les rendez-vous, les questions pour la sage-femme, les envies de clémentines. J'ai écrit la date, puis, dessous : « dix-neuf heures quarante, coup de pied, fou rire ». Gaspard a lu par-dessus mon épaule et il a ajouté : « applaudissements ».
Je repense souvent à ce dimanche. À la sieste qui avait choisi l'heure pour nous, alors que nous n'avions rien prévu. À la peur qui était partie sans bruit. À ce petit coup de pied qui aurait pu tout arrêter, et qui a tout rendu plus léger.
Je crois que c'est la première fois que nous avons été trois dans cette chambre. Et je crois que le troisième nous a donné, sans le vouloir, la seule permission dont nous avions besoin : celle de rire au milieu, et de continuer quand même.
Le flacon est toujours sur la table de nuit, au pied de la lampe. La tulipe noire est retournée dans sa pochette dorée. Et le dimanche, vers quatre heures, quand la fatigue monte des jambes, Gaspard va chercher le tube dans la salle de bains et le réchauffe entre ses paumes.
FIN
À lire ensuite
Envie d'une soirée sans parfum, à deux ?
Deux choses suffisent souvent : un lubrifiant simple à base d'eau, sans parfum, et un coussin entre les genoux. Le reste se décide à deux, au rythme de celle qui porte l'enfant. Voir le guide d'achat des lubrifiants ou les lubrifiants à base d'eau.
Questions fréquentes
Peut-on faire l'amour enceinte ?
En règle générale, oui, quand la grossesse se passe bien. Le site public 1000 premiers jours rappelle qu'une vie sexuelle reste tout à fait possible pendant la grossesse, sauf avis médical contraire, par exemple en cas de grossesse dite « à risque ». En cas de saignement, de douleur inhabituelle ou de contractions qui persistent, on en parle sans attendre à la sage-femme ou au médecin.
Quelle position quand le ventre s'arrondit ?
Celles qui ne pèsent pas sur le ventre : sur le côté, en cuillère, elle au-dessus, ou assise au bord du lit. Un coussin entre les genoux ou sous le ventre soulage les hanches et le dos, et la position allongée sur le dos devient souvent inconfortable au fil des mois. Notre article sur la position de la cuillère en détaille les appuis.
Quel lubrifiant choisir pendant la grossesse ?
Une formule simple à base d'eau, sans parfum, sans effet chauffant ou froid, sans CBD ni huiles essentielles : pendant la grossesse, l'odorat et les muqueuses changent souvent. Un lubrifiant n'est pas un traitement ; en cas d'irritation ou de doute, on demande conseil à la sage-femme. Le rayon des lubrifiants à base d'eau et notre fiche sur comment utiliser un lubrifiant à base d'eau aident à choisir.
Le désir change-t-il pendant la grossesse ?
Oui, et il varie d'une femme à l'autre et d'un trimestre à l'autre : certaines le sentent plus fort au deuxième trimestre, d'autres beaucoup moins, et le désir du partenaire peut changer aussi. Aucun de ces états n'est anormal. Le plus utile est d'en parler à deux, sans se presser, et à un professionnel de santé si cela pèse. Notre article sur la sécheresse intime aborde l'inconfort qui peut freiner l'envie.
Est-ce normal que le bébé bouge pendant ou après l'amour ?
Beaucoup de femmes enceintes le remarquent, comme elles le remarquent après un repas ou au repos. Seuls la sage-femme ou le médecin peuvent dire ce qui est normal pour votre grossesse : une douleur, un saignement, des contractions qui durent ou des mouvements qui changent nettement se signalent sans attendre. Dans le doute, on appelle plutôt que d'attendre le prochain rendez-vous de suivi.
Peut-on utiliser un stimulateur clitoridien enceinte ?
Un stimulateur externe, qui se pose contre le clitoris sans s'introduire, reste en général possible quand la grossesse se passe bien, sauf avis médical contraire. On le nettoie avant et après, on commence sur la vitesse la plus faible et on s'arrête à la moindre gêne. Notre fiche sur comment utiliser un stimulateur clitoridien détaille l'entretien ; en cas de doute, la sage-femme reste la bonne interlocutrice.
Peut-on faire l'amour enceinte de 7 ou 8 mois ?
Souvent, oui, si la grossesse se passe bien et qu'aucun avis médical ne s'y oppose. Le ventre impose surtout de changer de position : sur le côté, assise, ou elle au-dessus, sans pression sur le ventre. La fatigue compte aussi, et le meilleur moment est parfois celui où l'on se réveille reposée. Au moindre doute, saignement ou douleur, on demande à la sage-femme ou au médecin.







