Sadomasochisme : de la perversion à la variante, ce qu’on mesure vraiment

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Sadomasochisme : de la perversion à la variante, ce qu’on mesure vraiment

Le sadomasochisme, ou sado maso, désigne le plaisir sexuel pris à infliger ou à recevoir une douleur, une contrainte ou une humiliation, dans un jeu accepté par les deux partenaires. On l’abrège souvent en SM.

Longtemps classé parmi les perversions, il est aujourd’hui décrit comme une variante de la sexualité quand il reste consenti. Cet article suit ce glissement, de l’origine des mots aux classifications médicales, puis présente ce que mesurent les études et ce que juge le droit.

En bref

  • Définition : le plaisir de faire souffrir (sadisme) ou de souffrir (masochisme), dans un jeu consenti entre adultes.
  • Les mots : le psychiatre Krafft-Ebing les a tirés des noms du marquis de Sade et de l’écrivain Sacher-Masoch.
  • Les classifications : le DSM-5 sépare l’intérêt du trouble, et la CIM-11 de l’OMS ne range plus le sadomasochisme parmi les troubles.
  • Les études : en Belgique, 46,8 % des personnes interrogées avaient déjà essayé au moins une activité liée au BDSM.
  • La limite : la volonté de l’autre. La justice européenne a validé une condamnation pour un jeu poursuivi sans consentement.

Sadomasochisme : où en est votre curiosité ?

Quatre questions, une piste en clair. Aucun compte, aucune donnée envoyée : tout se calcule dans votre navigateur.

Une piste pour réfléchir, pas un diagnostic ni un avis médical : face à une détresse ou à une contrainte, parlez-en à un professionnel.

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Sadisme, masochisme, domination : ce que chaque mot désigne

Mot Ce qu’il désigne D’où il vient Statut médical aujourd’hui
Sadisme Le plaisir pris à infliger une douleur ou une humiliation Le marquis de Sade (1740-1814) Trouble seulement en cas de détresse, ou sans le consentement de l’autre
Masochisme Le plaisir pris à recevoir une douleur ou une contrainte L’écrivain Leopold von Sacher-Masoch (1836-1895) Trouble seulement en cas de détresse (DSM-5) ; plus nommé dans la CIM-11
Sadomasochisme (SM, sado maso) Le jeu qui réunit les deux rôles, parfois échangés La réunion des deux mots Retiré de la classification de l’OMS (CIM-11)
Domination et soumission Un échange de pouvoir, avec ou sans douleur Le vocabulaire du BDSM Aucune catégorie médicale propre

Sadomasochisme et sado maso : la définition

Le sadomasochisme désigne une sexualité où le plaisir passe par la douleur, la contrainte ou l’humiliation, données ou reçues. Le mot réunit deux versants : le sadisme, le plaisir de faire souffrir, et le masochisme, le plaisir de souffrir.

Dans le langage courant, on dit sado maso, sadomaso ou simplement SM. Une personne sadomasochiste aime l’un des deux rôles, ou passe de l’un à l’autre selon le moment et le partenaire.

  • le côté sadique : celui qui donne la sensation, mène le jeu et en règle le rythme ;
  • le côté masochiste : celui qui la reçoit, et qui garde le pouvoir d’arrêter ;
  • le switch : la personne qui alterne les deux rôles.

Masochisme, sadisme : quelle différence ?

Le masochiste trouve son plaisir à recevoir, le sadique à donner. Krafft-Ebing, qui a nommé les deux, les présentait déjà comme des opposés : « Le masochiste est le contraire du sadiste. »

Deux sens du mot masochisme

Hors de la sexualité, le mot a pris un sens plus large : on dit d’une personne qu’elle est maso quand elle semble chercher ce qui lui fait du tort. Ce sens, développé par la psychanalyse, n’a pas grand-chose à voir avec le jeu sexuel décrit ici.

Il en va de même pour sadique, employé pour une personne cruelle au quotidien. Dans un jeu sadomaso consenti, la personne qui tient le rôle sadique agit au contraire à l’écoute de l’autre, puisque tout s’arrête dès que l’autre le demande.

SM, BDSM, domination : ne pas tout confondre

Le sigle BDSM regroupe trois couples de pratiques : bondage et discipline, domination et soumission, sadisme et masochisme. Le SM n’en est qu’une partie, celle où la sensation, parfois la douleur, tient le premier rôle.

La domination et la soumission reposent sur un échange de pouvoir, sans douleur obligatoire. Une personne peut aimer obéir sans aimer la douleur, ou aimer une douleur légère sans aucun jeu de pouvoir.

Notre fiche pour pratiquer le BDSM détaille ces trois registres et les cadres que les pratiquants utilisent. Ici, on s’en tient au versant SM : ce que le mot recouvre, et ce que la science en sait.

D’où viennent les mots : Sade, Sacher-Masoch, Krafft-Ebing

En 1886, le psychiatre Richard von Krafft-Ebing publie Psychopathia sexualis, un manuel destiné aux médecins légistes et aux magistrats. Il y décrit les perversions de l’instinct sexuel et, au fil des éditions, y nomme le sadisme et le masochisme.

Deux noms d’écrivains

  • le sadisme vient du marquis de Sade (1740-1814), « dont les romans obscènes sont ruisselants de volupté et de cruauté », écrit Krafft-Ebing ;
  • le masochisme vient de Leopold von Sacher-Masoch (1836-1895), auteur de La Vénus à la fourrure, « dont les romans et les contes traitent de préférence de ce genre de perversion ».

Freud reprend ensuite ces notions à la sexologie de Krafft-Ebing, avant d’en élargir le sens dans la psychanalyse. Le vocabulaire est resté, et avec lui l’idée qu’il désignait une maladie.

De la perversion à la variante : ce qu’ont changé les classifications

Longtemps, les classifications médicales ont rangé le SM parmi les troubles. Deux révisions récentes ont déplacé la frontière entre l’intérêt sexuel et la maladie.

Le DSM-5 (2013) : un intérêt n’est pas un trouble

En 2013, l’Association américaine de psychiatrie publie le DSM-5. Elle y sépare l’intérêt sexuel atypique du trouble mental : le « masochisme sexuel » de l’édition précédente devient le « trouble de masochisme sexuel ». Le but affiché est de permettre une pratique consentie sans étiquette de maladie mentale.

Le manuel MSD, qui reprend ces critères pour les médecins, retient trois éléments. La plupart des personnes qui ont des goûts masochistes n’y répondent pas.

  • une excitation intense et récurrente, présente depuis au moins six mois ;
  • une détresse ou une gêne nette dans la vie sociale ou professionnelle, qui ne vient pas de la seule désapprobation des autres ;
  • ou, pour le sadisme, un passage à l’acte sur une personne qui ne consent pas.

La CIM-11 de l’OMS : le sadomasochisme retiré

La classification de l’Organisation mondiale de la santé a suivi. La CIM-10 comptait le sadomasochisme parmi les « troubles de la préférence sexuelle », et le groupe de travail chargé de la révision a recommandé de l’en retirer, avec le fétichisme.

La CIM-11, approuvée par l’Assemblée mondiale de la santé en 2019 et en vigueur depuis 2022, ne nomme plus le masochisme ni le fétichisme. Elle garde un « trouble de sadisme sexuel coercitif », centré sur les personnes qui ne consentent pas.

Combien de personnes sont concernées ? Ce que mesurent les études

Plus qu’on ne le croit, mais beaucoup moins en pratique qu’en imagination. Les chiffres varient selon ce que l’on compte : un fantasme, un essai unique ou une pratique régulière.

Les fantasmes : un thème courant

Au Québec, une enquête en ligne auprès de 1 516 adultes a classé 55 fantasmes selon leur fréquence. Les thèmes de soumission et de domination y figurent parmi les fantasmes courants, chez les femmes comme chez les hommes, et les deux vont souvent de pair.

Une revue de 60 études, publiée en 2020, situe les fantasmes de ce registre entre 40 et 70 % des personnes interrogées. Environ 20 % disent passer à la pratique.

Ces chiffres portent sur le seul registre de la domination. Pour les fantasmes en général, du plus courant au plus rare, notre article sur les fantasmes sexuels détaille ce que mesurent les études et ce que valent les classements qui circulent.

Les pratiques : de l’essai à l’habitude

En Belgique, sur un échantillon représentatif de 1 027 personnes, 46,8 % avaient déjà essayé au moins une activité liée au BDSM, et 22 % de plus disaient en avoir eu le fantasme. Seuls 12,5 % en avaient une pratique régulière, et 7,6 % se définissaient comme pratiquants.

En Australie, une enquête téléphonique nationale menée en 2001-2002 donne un chiffre bien plus bas : 1,8 % des personnes sexuellement actives avaient pratiqué dans l’année, 2,2 % des hommes et 1,3 % des femmes. La question y portait sur les douze derniers mois, pas sur toute une vie.

Étude Qui Ce qu’elle mesure
Québec, 2015 1 516 adultes, en ligne Soumission et domination parmi les fantasmes courants
Québec, 2017 1 040 adultes, échantillon représentatif Masochisme aussi fréquent chez les femmes que chez les hommes
Belgique, 2017 1 027 personnes, échantillon représentatif 46,8 % ont essayé, 12,5 % pratiquent régulièrement
Australie, 2008 Enquête nationale de 2001-2002 1,8 % sur les douze derniers mois
Revue, 2020 60 études Fantasmes chez 40 à 70 %, pratique chez environ 20 %

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Pourquoi la douleur peut devenir plaisir

Personne ne le sait avec certitude, mais plusieurs pistes sont étudiées. Une synthèse publiée en 2020 propose que la douleur change de nature quand plusieurs conditions sont réunies.

  • le corps : les opioïdes et les endocannabinoïdes produits par l’organisme ;
  • le contexte : un lieu sûr, l’excitation sexuelle, le lien avec le partenaire ;
  • le choix : une sensation voulue et contrôlée ne se vit pas comme une douleur subie ;
  • l’état du moment : l’émotion et les souvenirs colorent la sensation.

Ce que montrent les hormones

Aux États-Unis, une équipe a mesuré le cortisol, l’hormone du stress, chez 58 pratiquants avant et après une séance. Il montait chez ceux qui recevaient la sensation ou suivaient les consignes, pas chez ceux qui les donnaient.

Ensuite, chez ceux dont la séance s’était bien passée, le stress physiologique baissait et le sentiment de proximité avec le partenaire augmentait. Les auteurs y voient la possibilité d’une intimité renforcée, à condition que le jeu soit consenti.

Cravache noire réversible, embout en cœur d'un côté et pompon de plumes de l'autre, posée en diagonale sur un drap blanc près d'un livre rouge ; une main de femme en manche de satin noir effleure les plumes.
La cravache réversible Darkness posée sur le drap près d’un livre, une main qui effleure sa plume.

Un état modifié de conscience : ce que décrivent les pratiquants

Une partie des pratiquants ne cherche ni la douleur ni le pouvoir pour eux-mêmes, mais l’état d’esprit qu’ils produisent. En 2021, une équipe québécoise a analysé les récits de 227 personnes qui aiment être dominées ou recevoir la sensation.

Leurs raisons se rangent en trois familles : l’usage du pouvoir entre partenaires, la douleur physique elle-même, et la recherche d’un état modifié de conscience. Selon les auteurs, cet état recherché va de pair avec l’excitation sexuelle.

Une absorption totale, et un mental en retrait

Une synthèse de 2022 sur la recherche consacrée au kink relève des états de flow, cette absorption complète dans l’activité, et une baisse passagère de l’activité du cortex préfrontal. La synthèse de 2020 sur la douleur rapproche, elle, cet état de celui que décrit la méditation de pleine conscience.

Ce point manque à la plupart des définitions, qui réduisent le SM à la douleur. Pour une partie de ceux qui le pratiquent, la sensation est un moyen, et l’état qu’elle produit, le but.

Et ceux qui le pratiquent, comment vont-ils ?

Mieux qu’on ne l’imaginait. Aux Pays-Bas, 902 pratiquants du BDSM et 434 personnes d’un groupe témoin ont rempli les mêmes questionnaires de personnalité et de bien-être.

  • moins de névrosisme, c’est-à-dire une moindre tendance à l’anxiété ;
  • plus d’extraversion et plus d’ouverture aux expériences ;
  • plus de conscienciosité et une sensibilité au rejet plus faible ;
  • un bien-être subjectif plus élevé, mais une agréabilité un peu plus basse.

Les auteurs concluent que le BDSM peut se voir comme un loisir plutôt que comme l’expression d’un trouble. L’enquête australienne va dans le même sens : les pratiquants n’avaient pas plus souvent subi de contrainte sexuelle, ni plus souvent de difficultés sexuelles.

La revue de 2020 trouve peu d’appui aux modèles qui voyaient dans ces goûts la trace d’un traumatisme ou d’une fixation. Elle décrit plutôt un élargissement du répertoire sexuel.

Jeu consenti ou violence : où passe la frontière ?

La frontière ne tient pas à l’intensité d’un geste, mais à la volonté de l’autre. Un même geste est un jeu quand il est voulu, et une violence quand il ne l’est plus.

Ce qu’a jugé la Cour européenne des droits de l’homme

Le 17 février 2005, dans l’arrêt K.A. et A.D. contre Belgique, la Cour a examiné la condamnation d’un magistrat et d’un médecin pour des coups et blessures infligés lors de séances sadomasochistes. Elle pose d’abord un principe : le droit pénal ne peut, en principe, intervenir dans les pratiques sexuelles consenties, qui relèvent du libre arbitre.

Elle valide pourtant la condamnation, parce que les engagements d’arrêter immédiatement quand la « victime » ne consentait plus n’avaient pas été tenus. Pour la Cour, la liberté sexuelle a une limite : le respect de la volonté de l’autre, dont le libre choix compte autant. Ces repères ne remplacent pas un avis juridique.

  • un « stop » ignoré : le jeu change de nature à l’instant où il n’est plus voulu ;
  • la perte de contrôle : la Cour relève l’alcool, l’absence de toute organisation et une escalade dont les auteurs ne savaient pas où elle s’arrêterait ;
  • la pression : un accord obtenu par l’insistance ou par la peur n’en est pas un.

De la lecture à la pratique : nos pages pour commencer

Cet article s’arrête au concept, et la pratique a ses propres pages. Le consentement, le mot d’arrêt, les cadres SSC et RACK et l’après-séance y sont détaillés, mieux qu’un résumé ne le ferait.

Pour l’impact, le paddle est un instrument progressif : sa surface plate répartit la sensation. Un paddle en cuir végétalien ou un paddle en cuir véritable se prennent en main sans apprentissage long, et notre rayon paddles BDSM réunit les modèles.

La fiche d’utilisation du paddle et notre guide d’achat des paddles aident à commencer doucement. Les martinets et fouets demandent plus de pratique : la fiche d’utilisation du fouet en donne les bases.

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Quand en parler à un professionnel ?

Un goût pour le SM n’a pas besoin d’avis médical tant qu’il est vécu sereinement et partagé. Certaines situations méritent pourtant d’en parler à un médecin, un psychologue ou un sexologue.

  • une détresse : l’envie fait honte, angoisse ou isole durablement ;
  • une envie qui s’impose : elle prend une place que vous ne choisissez plus ;
  • un passage à l’acte sans accord, ou la volonté de l’autre qui ne compte plus ;
  • des blessures qui dépassent ce qui était convenu.

Ces repères ne valent pas un diagnostic. Un professionnel formé aux sexualités n’a pas à juger le goût lui-même, et c’est justement ce que les classifications ont fini par écrire.

Ce que les études apportent, et ce qu’elles ne disent pas

✅ Avantages

  • Des échantillons représentatifs en Belgique, au Québec et en Australie.
  • Des mesures de personnalité et d’hormones, pas seulement des opinions.
  • Des conclusions proches sur la santé des pratiquants, d’un pays à l’autre.

⚠️ Inconvénients

  • Des données déclarées, sensibles à la gêne de répondre.
  • Des pratiquants souvent recrutés en ligne, et volontaires.
  • Peu d’études hors des pays occidentaux.

Retours d’expérience

Ce que rapportent les études citées, sans généraliser.

Un thème courant dans l’imaginaire

Soumission et domination comptent parmi les fantasmes courants, chez les femmes comme chez les hommes. Enquête auprès de 1 516 adultes au Québec.

Un essai fréquent, une pratique plus rare

46,8 % des Belges interrogés avaient essayé au moins une activité liée au BDSM, 12,5 % en avaient une pratique régulière. Échantillon représentatif de 1 027 personnes.

Pas de fragilité mesurée

902 pratiquants comparés à 434 témoins : un névrosisme plus bas en moyenne, et un bien-être plus élevé. Questionnaires remplis en ligne aux Pays-Bas.

Ces points viennent des études citées en fin d’article, pas de retours d’acheteurs — Intimae n’affiche pas d’avis clients non vérifiés.

Faire le point sur une envie sadomaso, étape par étape

  1. Nommez ce qui vous attire. La sensation, le jeu de pouvoir, l’état d’esprit, ou plusieurs à la fois.
  2. Distinguez le fantasme du projet. Un fantasme n’oblige à rien, et beaucoup restent dans l’imaginaire.
  3. Vérifiez l’absence de détresse. Une envie qui fait honte ou qui s’impose mérite d’être dite à un professionnel.
  4. Parlez-en à froid. Hors du moment, avec la personne concernée, sans rien supposer de sa réponse.
  5. Lisez avant d’essayer. Les règles de la pratique ont leurs pages : accord, arrêt, après-séance.
  6. Commencez par le plus doux. Une sensation légère, un objet simple, et un arrêt possible à tout moment.

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Sources

  • Histoire et classifications : Krafft-Ebing, Psychopathia sexualis (trad. de la 8ᵉ éd.) ; APA, DSM-5 (2013) ; manuel MSD ; Krueger 2017 (PMID 28210933) ; Briken 2019 (PMID 31447381) ; OMS, CIM-11. Limites : les classifications évoluent par versions.
  • Études : Joyal 2015 (PMID 25359122) ; Joyal 2017 (PMID 26941021) ; Holvoet 2017 (PMID 28781214) ; Richters 2008 (PMID 18331257) ; Brown 2020 (PMID 31617765) ; Wismeijer 2013 (PMID 23679066) ; Sagarin 2009 (PMID 18563549) ; Dunkley 2020 (PMID 31044619) ; Labrecque 2021 (PMID 32486920) ; Williams 2022 (PMID 36274435). Limites : données déclarées, volontaires, pays occidentaux.
  • Droit : CEDH, K.A. et A.D. c. Belgique, 17 février 2005, points 84 et 85. Limites : repères généraux, pas un avis juridique.
Alvaro Benitez, rédacteur bien-être intime chez Intimae

À propos de l’auteur · Alvaro Benitez

Rédacteur bien-être intime chez Intimae

Alvaro rédige les guides bien-être intime d’Intimae. Il part des questions que les lecteurs posent vraiment, croise plusieurs sources pour chaque affirmation, et écrit sans tabou ni promesse. Quand un sujet touche à la santé, il le dit et oriente vers un professionnel plutôt que de trancher à sa place.

Pour cet article, les chiffres des études sur le sadomasochisme ont été vérifiés dans leurs publications, avec leurs limites, et l’arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme a été lu dans son texte intégral. Mis à jour le .

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Questions fréquentes

Quelle est la différence entre masochisme et sadisme ?

Le masochisme est le plaisir pris à recevoir une douleur, une contrainte ou une humiliation ; le sadisme, le plaisir pris à les infliger. Dans un jeu sadomaso consenti, les deux rôles se complètent, et certaines personnes passent de l’un à l’autre.

Quelles sont les pratiques du sado maso ?

Les plus courantes jouent sur l’impact, avec la main, un paddle ou un martinet, sur des sensations contrastées et sur l’échange de pouvoir. Les règles pour débuter, de l’accord à l’après-séance, sont détaillées dans nos pages pratiques sur le BDSM.

Le masochisme est-il considéré comme une maladie mentale ?

Pas en soi. Le DSM-5 ne parle de trouble qu’en cas de détresse ou de gêne importante, présente depuis au moins six mois, et la CIM-11 de l’OMS ne nomme plus le masochisme. Un goût consenti et vécu sereinement relève de la sexualité, pas de la psychiatrie.

Quelle est l'étymologie du mot « masochisme » ?

Le mot vient du nom de l’écrivain Leopold von Sacher-Masoch (1836-1895), auteur de La Vénus à la fourrure. Le psychiatre Richard von Krafft-Ebing l’a choisi dans sa Psychopathia sexualis, comme il a tiré le mot sadisme du nom du marquis de Sade.

C'est quoi être maso ?

Dans le langage courant, être maso, c’est sembler rechercher ce qui fait souffrir. Au sens sexuel, c’est aimer recevoir une douleur ou une contrainte dans un jeu choisi, avec la possibilité de l’arrêter à tout moment.

Qu'est-ce que la personnalité masochiste ?

C’est une notion issue de la psychanalyse, qui décrit une tendance à rechercher l’échec ou la souffrance dans la vie quotidienne. Elle est distincte du masochisme sexuel : aimer une sensation forte dans un jeu consenti ne dit rien du caractère d’une personne.

Pourquoi le sado maso ?

Les raisons varient : le jeu de pouvoir, la sensation elle-même, ou l’état d’esprit particulier qu’elle produit, selon une étude auprès de 227 pratiquants. Le contexte compte autant que le geste : une sensation choisie, dans la confiance, ne se vit pas comme une douleur subie.